Le harcèlement scolaire, reconnaître les signes de détresse

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Le 8 novembre dernier fut la journée nationale de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire. Malgré les efforts entrepris par le service public, ce phénomène reste courant dans les établissements scolaires. Nombreux sont les élèves qui servent de souffre-douleur pour leurs camarades de classe. Si certains jugent le harcèlement dans les lieux scolaires comme une chose banale, la réalité en est tout autre. Le cas de Jonathan Destin, une des victimes du harcèlement en milieu scolaire, montre à quel point cette situation est très grave.

Le harcèlement scolaire, qu’est-ce que c’est ?

Faite par d’autres élèves, le harcèlement scolaire est une violence répétée par une ou plusieurs personne sur un élève. Il peut s’agir d’une violence verbale, morale ou physique. En général, l’élève victime du harcèlement n’a pas les moyens pour se défendre. Il est en quelque sorte en situation de soumission face à son oppresseur. La victime prend sur lui et supporte les injures perpétrées par ce harceleur.
Le harcèlement en milieu scolaire se manifeste le plus souvent par les coups, les bousculades, les insultes et les menaces. Dans certains cas, il peut également s’apparenter à des formes plus ou moins visibles comme les pincements, les surnoms méchants, les moqueries ou encore les tirages de cheveux.

Les caractéristiques du harcèlement scolaire

Le harcèlement en milieu scolaire revêt trois caractéristiques principales : la violence, la répétitivité et l’isolement de la victime. La violence se traduit par un rapport de domination entre la victime et l’un ou plusieurs de ses harceleurs. Dans certains cas, il arrive que les victimes soient plusieurs élèves différents ou un groupe précis de camarades d’école. Pour être qualifiée de harcèlement, la violence doit être répétée. L’élève victime subit les agressions à l’encontre de sa personne ou de son mental, de manière régulière, et ce, sur une longue période. Ce sont le degré de la violence et la répétition du harcèlement qui poussent l’élève victime à s’isoler.

Le harcèlement en milieu scolaire est lié au rejet de la différence. Il peut se référer au sexe, au handicap de la victime, à son apparence physique, à son appartenance à un groupe, ou à ses centres d’intérêt. En général, le phénomène se manifeste à la fin de l’école primaire et au collège.

Les conséquences du harcèlement scolaire

Le harcèlement en milieu scolaire a des conséquences graves sur la victime. Il est par exemple source de décrochage scolaire, et dans certains cas, de déscolarisation. Compte tenu de ce qu’il subit en permanence à l’école, l’élève victime ne veut plus y retourner. Victime d’un harcèlement en milieu scolaire, l’élève a également tendance à se désocialiser, à être constamment anxieux et à déprimer. Chez certains élèves, le harcèlement provoque la conversion et des conduites autodestructrices. Le cas peut même pousser la victime à se suicider. Outre ces conséquences à court terme, le harcèlement impacte négativement le développement social et psychologique de l’élève victime. Celui-ci aura, en effet, un sentiment de honte et perdra son estime de soi. Cette attitude va ensuite le pousser à éviter les autres et à limiter son développement. Si la victime n’est pas accompagnée, cette attitude pourrait l’obnubiler jusqu’à l’âge adulte.

Jonathan Destin, une victime du harcèlement en milieu scolaire

En France, le harcèlement scolaire est un véritable fléau. Malgré la mise en place d’un numéro vert (30 20), le phénomène n’est pas encore éradiqué. En effet, 14 % des enfants ne sentent pas en sécurité dans leur établissement scolaire, et 10 % sont victimes de harcèlement. Jonathan Destin compte parmi ces victimes.

Pour cet élève, le calvaire commence en CM2 avec des insultes, des brimades, du racket et des coups. Ses harceleurs se moquent de son nom de famille et de son physique. Ils vont même plus loin en le menaçant de tuer ses parents. À seulement 16 ans, les harceleurs de Jonathan le menacent avec une arme à feu. Par   honte et par peur d’en parler, il reste silencieux et se referme sur lui-même. Son entourage adulte ne se rend pas compte des effets de cette situation chez l’élève, et voit cela comme un jeu. La victime est alors seule face à ses bourreaux. À bout, l’élève décide de s’immoler par le feu pour mettre fin à ses jours. Jonathan pensait que c’était la seule solution pour en finir avec le calvaire qu’il endure depuis des années. Résultat, il s’est brûlé à 72 %, et est dans un coma artificiel pendant trois mois. Au cours de son hospitalisation, Jonathan a dû subir 17 interventions chirurgicales.

Comme celui de Jonathan, des milliers de cas d’élèves victimes de harcèlement sont recensés annuellement dans les établissements scolaires. Le phénomène de harcèlement en milieu scolaire prend d’autres formes plus virulentes suite à l’avènement des plateformes de réseaux sociaux. Les conséquences deviennent de plus en plus graves en portant atteinte à la personnalité psychoaffective même de l’élève et à son avenir.

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